Ed Templeton_2002

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Ed Templeton est tombé comme un cheveu sur la soupe il y a une dizaine d’année, en 1989 plus précisément, alors qu’il venait de gagner le contest de Munster, devenant le nouveau champion du monde. Il était alors inconnu et d’un seul coup, il arrive avec une panoplie de tricks inédits tels que des impossibles et des ollie one-foot très prononcés. Personnage marginal et paradoxal de la scène skate, il a toujours cultivé un goût certain pour la provocation, n’hésitant pas à afficher ouvertement qu’il avait des rapports sexuels avec sa femme ou qu’il était végétalien. Après quelques tranches de vie bien remplies, la trentaine passée, l’acquisition d’un Leica et toujours un résident de l’infâme Huntington Beach, il nous confie quelques moments cruciaux de son existence.

Quand as-tu commencé le skate ?
J’ai commencé le skate en 1985-86 et je ne sais pas vraiment pourquoi. Je crois que j’ai eu un skateboard pour Noël, ou plutôt que mon frère a eu un skateboard pour Noël et moi un vélo, et on a échangé. Je pense que j’ai commencé le jour où j’ai vu des kids de mon quartier skater. Je me suis dit « whoa c’est cool », alors qu’ils ne faisaient probablement que monter des trottoirs en ollie… J’ai vu un mec faire ça et je me suis dit que je voulais être capable d’en faire autant, alors j’ai pris ma board… Une fois que tu commences et que ça t’amuse, tu continues. Je n’étais pas très brillant à l’école ni une star du foot, et les punks étaient les seuls qui acceptaient n’importe qui… Si tu es un gamin normal et que tu veux traîner avec les punks, il n’y a pas de problème.
Quand as-tu décidé que tu ferais du skate ton métier ?
Je pense que tu es condamné dès que tu commences. Les deux premières années tu fais juste du skate sans vraiment y penser. Peut-être qu’un jour j’ai entendu parler de sponsors et de ce genre de choses alors j’en ai eu envie moi aussi. Mais pas avant l’année où je suis passé pro, en 1989. J’étais sponsorisé mais je ne concevait pas que ça deviendrait ma vie, ce qui est une bonne chose parce que je ne pense pas que le skate puisse remplir une vie. Ça me rend triste tous ces kids aujourd’hui qui ne pensent qu’à devenir pro… Mais ça va durer combien de temps ? cinq ou dix ans ? Et à trente ou quarante ans, qu’est-ce qu’ils feront une fois leur carrière terminée ? Rien… Je suis passé pro, mais j’ai toujours fait d’autres choses à côté. Je n’allais plus à l’école mais je lisais beaucoup. J’ai toujours pensé que ça ne durerait qu’un certain temps. Alors je tenais à apprendre d’autres choses. Je pense que c’est la raison pour laquelle j’ai lancé ma marque, juste parce que je voulais faire quelque chose de…

Différent ?
Oui. J’ai de la chance d’avoir trente ans et d’être encore capable de skater. Je n’ai pas l’impression de trop dépérir… C’est rare de rester si longtemps, faire une carrière de douze ans. Bien sûr il y a des gens qui l’ont fait mais je pense que j’ai de la chance et je ne crois pas que ce soit aussi facile pour les kids d’aujourd’hui. Le skate est si technique et si gros qu’ils seront usés bien plus vite… Geoff (Rowley -ndlr) s’est fait opérer de la cheville et ça n’a pas marché, il est encore niqué… Il fait tellement de trucs incroyables… Ça va être difficile de rester longtemps…

Tu penses à arrêter ?
J’y pense souvent. J’ai une marque de boads et je fais des expositions, donc je passe mon temps à jongler entre tout ça et je skate beaucoup moins… Je pense à arrêter et à chaque fois que je sors skater ! je me dis « fuck ! », je m’arrêterais si j’étais vraiment largué. Si je sens que je contribue encore à quelque chose, alors ça va. Quand je skate avec quelqu’un d’aussi jeune que Spanky ou Brian Herman qui sont vraiment forts et que je suis encore capable de suivre, je me sens bien. Je skate les mêmes rails, peut-être que lorsque je fais smith grind eux font nollie nose-slide mais au moins je ne fais pas un boneless ! Et puis les kids crient encore mon nom au contest et ma board se vend toujours donc j’ai l’impression d’être encore dans le coup… Mais je veux être le premier à partir, avant qu’on dise que je ne suis encore là que pour l’argent. Je ne veux pas en arriver là. A chaque fois que je tombe sur la tête, parce que je tombe souvent sur la tête, je ne sais pas trop pourquoi ni comment, mais je pense que je devrais arrêter. Mais je ne peux pas. C’est ça être condamné, t’es piégé ! Tu es un skateboarder pour la vie et tu ne peux rien y faire parce que tu adores ça. J’en discutais avec Lance Mountain et il me disait « je suis condamné, je ne peux pas m’arrêter ». Il est tout le temps occupé à gérer sa marque et il essaie toujours de skater parce qu’il le faut…

Partir ne signifie pas forcément arrêter…
Non, non, pas arrêter mais ne plus être pro, ne plus faire de contests… Mais c’est ce qui m’amuse le plus, j’aime faire des contests et voyager. Rester à la maison est sûrement la pire des choses.

As-tu fait de bons résultats cette année ?
J’ai fait 8ème à Dortmund. Je n’ai pas gagné, mais j’étais dans le top10. Il y avait 250 pros et je n’ai pas terminé 30ème, je suis assez content…

Qu’est-ce que ça fait de retourner là-bas, 10 ans  après avoir gagné ?

C’est ce que j’aime à propos de ce contest. Je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que ça a toujours été le plus important, le championnat du monde… A chaque fois que j’y retournais je voulais tant le gagner à nouveau. L’année suivant ma seconde victoire, j’ai fini 2ème derrière Ethan mais tous les juges m’avaient dit « Tu as gagné Ed » juste avant qu’on annonce Ethan vainqueur. Je pensais que j’avais gagné et Dave Duncan m’avait même dit « quoi ? moi aussi je croyais que t’avais gagné ». En fait il y a trois façons de comptabiliser les points. Tu enlèves le score le plus bas et le plus haut, ou tu fais la moyenne de tous les points, ou tu les additionne. Ils avaient fait ça d’une certaine façon et c’est Ethan qui avait le meilleur score. S’ils l’avaient fait autrement j’aurais gagné. Tant pis … Mais j’aime bien ce contest, ça a toujours été le plus gros.Des kids viennent de partout pour le voir…

ça devient un peu lassant depuis 3 ans…
Oui c’est vrai, comme tous les contests. Mais parfois ils construisent des trucs marrants. Moi je fais mes tricks alors j’ai besoin d’un park qui aille avec… Je vois le tout de suite en arrivant « ah, là je ne pourrais pas faire grand chose, il n’y a que des gros hips… Il me faut des flat-bars ! ». Mais c’est toujours drôle d’y retourner. Je préférais Münster parce que ça faisait partie de mon histoire. Année après année j’y retournais et je me rappelais que c’était là que j’avais gagné. Et puis ils ont changé d’endroit et ont un peu enlevé la magie du truc. Tous les ans je fais de mon mieux à ce contest. J’ai réussi à faire 4ème il y a deux ans et 8ème cette année ; du moment que je suis dans le top 10, je suis content.

A l’époque où tu avais gagné c’était la folie en France, il y avait eu une interview dans un magazine, et tout le monde s’arrachait la board Ed Templeton…
C’est assez bizarre pour moi. Je pense que j’ai eu deux sommets dans ma carrière. Un premier un peu après 1990 je pense. Ce qui est dur parce qu’en général ça n’arrive qu’une fois. Mais j’ai eu assez de chance de faire Welcome To Hell (la première vidéo Toy Machine-ndlr), et toute cette période où Toy Machine était aussi au sommet. Donc je suis content d’en avoir eu deux, je m’entraîne pour un troisième là !
Concernant Toy Machine, c’était une façon de t’exprimer et de montrer tes peintures ?
Je n’ai pas vraiment fait Toy Machine pour ces raisons. La vérité est qu’il me fallait un boulot. La marque que j’avais créé avec Mike Vallely (Television-ndlr) a foiré et je n’ai rien fait pendant 4 mois. Je n’avais plus d’argent et je flippais un peu. C’était une période creuse pour le skateboard ; je ne gagnais plus d’argent et n’en avais pas économisé assez. Je me suis dit qu’il fallait que je me trouve un job pour vivre. Alors j’ai créé Toy Machine. A ce moment-là je me suis dit « ça y est, j’ai ma marque de boards, je vais faire tout ce dont j’ai envie et que personne d’autre ne ferait ». Mike était plutôt sérieux de ce côté-là, de faire les choses bien, et quand je me suis retrouvé tout seul il n’y avait plus personne pour juger « ok, je vais faire ça même si c’est pourri ». J’ai couru le risque que personne ne comprenne mes idées bizarres et différentes de tout ce qui avait été fait et ça a marché. Mais je ne voulais pas trop utiliser mes peintures pour Toy Machine…

Pas tes peintures mais ta façon de penser…
Bien sûr. Et je voulais sponsoriser des gens qui avaient la même façon de penser. Et c’est toujours ce qu’on essaie de faire.
Il y a eu tant de gens différents comme Kalis, Muska, Kerry Getz, Diego, Ethan Fowler qui sont passés par Toy Machine…
On essaie toujours de trouver des gens cools et c’est assez difficile. Quelqu’un qui ne pense pas qu’à son image et qui soit bon skater. Mais dans l’ensemble la plupart des kids veulent simplement s’amuser, sans forcément ressembler à un dieu du hip-hop ou du heavy metal. Parce que c’est ça le skateboard et c’est facile de se concentrer là-dessus quand tu as une marque. C’est du skate et rien d’autre. Tout le monde a sa propre image chez Toy Machine. Ils peuvent mettre le graphique qu’ils veulent sur leurs boards, faire leurs pubs, c’est à eux de voir…Mais personne ne le fait alors je le fais moi-même ! Caswell m’a même demandé de mettre « fuck you » sur son visage pour sa dernière pub. Ils peuvent vraiment faire ce qu’ils veulent. Ils savent que s’ils ont une idée, chose qui n’est pas possible avec une autre compagnie. Si c’est pourri, c’est de leur faute !

Tu es déçu que beaucoup de gens aient quitté Toy Machine ?
Ce sont des choses qui arrivent. Mais ce n’est jamais à cause de moi, ou parce qu’ils n’auraient pas été payés. Ça a toujours été une situation bizarre. Il y a eu une histoire d’argent quand Mike (Maldonado), Bam et Kerry sont partis mais c’est parce que le team était énorme à l’époque, il devait y avoir dix pros… et le skate n’allait pas aussi bien qu’aujourd’hui. J’avais un budget serré et j’ai été honnête avec eux. Je leur ai montré les comptes et leur ai dit « voilà tout ce que j’ai à dépenser ce mois-ci ». J’ai augmenté tout le monde comme je pouvais. J’ai dû virer Ethan et c’est une des pires choses que j’ai dû faire. Je l’adorais mais je devais le faire. Kerry commençait à avoir beaucoup de parutions et à gagner des contests. J’avais du mal à gérer dix personnes et à les payer pour ce qu’ils méritaient. C’était très difficile. Kerry hésitait et il a eu une offre. Je pense que la principale raison de son départ est qu’il avait besoin de son indépendance par rapport à Bam et Mike avec qu’il skatait beaucoup. Il a toujours été à fond avec Toy Machine alors quand il a eu cette offre, on en a parlé et je lui ai dit que si c’était ce qu’il voulait, qu’il le fasse. Je suis triste qu’il soit parti, comme pour Brad (Staba) et Brian (Anderson), c’était vraiment des skaters incroyables. Mais je suis heureux du team actuel, les riders sont purs et vraiment à fond. C’est moins une histoire de ‘feelings’ maintenant, c’est vraiment « faire du skate ». Ils sont à fond pour tout donc c’est cool, ils ne sont pas encore aussi connu qu’Anderson mais ils le seront ! Caswell se fera un nom, c’est juste une question de temps.

Quel lien y a t-il entre ton expo et le skate ?
Je ne fais pas tout ça en me disant « c’est du skate », mais ça l’est par les gens présentés sur les photos. D’ailleurs je ne voulais pas faire de démo, mais comme on est au Dôme j’ai pensé que ce serait bien de construire un quarter, de le peindre et de le laisser simplement dehors pour que tout le monde puisse le skater. Mais ils (les organisateurs -ndlr) sont allés demander l’autorisation à la mairie et sont venus me dire « nous n’avons pas l’autorisation… » alors que c’était inutile… L’idée était juste de le laisser sur le spot et que les skaters viennent jeter un œil à l’intérieur. Donc c’était foutu, mais ils voulaient absolument faire quelque chose et m’ont proposé de faire une démo à l’intérieur. J’ai accepté, mais ça me dérange toujours de mélanger le skate et l’art, même si le lien est parfois très mince. Les kids s’attendent à des personnages à la Toy Machine alors que ce que je fais est vraiment différent. Il a quelques photos qui ont été utilisées pour des pubs mais c’est dans l’ensemble très différent. Ce n’est pas vraiment du skate pour moi, c’est plus de la créativité. Tout est créativité à partir du moment où tu te dis « je veux faire quelque chose ! ». J’essaie d’être créatif parce que j’en ai envie. Beaucoup de gens m’inspirent et j’espère en inspirer d’autres. Faire des photos ou peindre c’est une bonne façon de passer le temps, au lieu de regarder la télé ou ne rien faire. Ceci dit, un skater qui verra l’expo sera plus ‘dedans’ que quelqu’un d’autre. Je ne fais pas ça pour cette raison puisque je pense que quelqu’un qui ne skate pas pourra aussi bien l’apprécier. Tu n’as pas besoin de connaître les gens sur les photos pour les comprendre. C’est juste que les skaters connaissent les personnes impliquées. Mais je retiens ces photos uniquement parce qu’elles sont bonnes. Et si beaucoup d’entres elles ne traitent du skate, c’est que je suis un skateboarder qui voyage pour le skate, avec des skaters et sur la plupart des photos, ce sont des amis skateboarders. Mes photos parlent de la vie, comme un documentaire que je montre aux gens.

Pourtant, l’exposition est assez choquante…
Oui. J’ai eu des retours de personnes qui ont dit que j’essayais de choquer les gens, et d’autres pensent que c’est choquant. Quand j’accroche une photo au mur, j’en choisis une que j’aime. Si cette photo me rappelle une histoire, même si c’est une femme avec un gode, je me dis juste « j’aime cette photo, je vais la montrer, rien à faire ! », je ne veux pas me censurer. Le type d’ici m’a censuré d’ailleurs, il y a une ou deux photos qu’il ne voulait pas que j’expose. Celle du moment où je me suis cassé le cou, avec une minerve, une énorme bosse sur la tête, et où je suis assis (nu-ndlr) en érection… Le type m’a dit « tu ne peux pas mettre ça ». Il était assez sérieux. Ou la photo d’un gars avec la bite à l’air, le type m’a dit qu’il avait l’air trop jeune alors qu’il avait au moins 20 ans !

Ça arrive-t-il souvent aux USA ?
La censure ? Oui mais jamais dans mes expo. C’est vraiment la première fois qu’on me demande d’enlever des photos…
C’est assez paradoxal que ça arrive ici, en France où l’on voit des seins partout…
C’est pour ça que ça m’a surpris ! Le gars du musée m’a dit « tu ne peux pas monter de pénis ». « Pourquoi ? J’ai le droit de montrer des filles nues et pas des hommes ? » « Tu ne peux pas, c’est comme ça. ». Je sais que certaines images sont choquantes mais merde, la vie est choquante ! Je peux honnêtement dire que toutes mes photos montrent la vraie vie. La photo de ce sexe qui saigne je ne l’ai pas faite dans le but de choquer, mais parce que j’étais présent et il y avait ce gars en train de se faire « piercer » à une soirée. Je l’ai accrochée au mur pour que les gens aient la même réaction que moi quand j’ai vu ça. Si quelque chose se passe et que c’est incroyable, clic clic !
Je n’ai pas de problème avec le sexe, ça ne me dérange pas et je ne pense pas avoir une grosse bite ! Je fais tout ça pour saisir ma vie. J’essaie tout simplement de documenter ma vie et si je trouve ça beau, je l’imprime et la mets dans l’expo.

Depuis combien de temps prends tu des photos ?
J’ai vraiment commencé en 1995. Je me suis dit « j’ai perdu tant de temps depuis 1990… Je suis parti en tournées à travers toute l’Amérique, l’Europe, partout, et j’ai vu tellement de trucs fous et je n’ai même pas shooté… j’ai vraiment déconné.», j’ai raté tellement d’opportunités. Donc en 95 j’ai commencé à beaucoup shooter. J’ai toujours un appareil sur moi,  et quand quelque chose se passe, je shoote. A chaque fois que je ne l’ai pas, il se passe un truc. Il y a quelques jours, j’ai shooté un accident sur l’autoroute. J’étais à la fenêtre et une voiture a commencé à déraper juste devant moi. La photo n’est pas terrible mais si tu es prêt…
Quelle est la dernière photo que tu aies prise ?
La nuit dernière, Brian Herman était dans sa chambre, il avait une coupe éclatée alors j’ai pris une photo.

Tu fais toi-même tes tirages ?
Oui, sauf pour les diapos, et les grands tirages de l’expo, je ne peux pas les faire.

Quelle influence a eu sur toi Thomas Campbell ?
C’est une de mes plus grandes inspirations dans le skate et surtout dans l’art. J’ai commencé à peindre en 1992, excité depuis mon retour d’Europe. Tout y était mieux et logique ! Tu peux traverser la rue sans te prendre une amende ! Des petites choses comme ça, et peut-être une sorte de haine des états-unis… Bref j’étais très inspiré, aussi parce que j’avais visité pas mal de musées. J’ai donc commencé à peindre et une fois que j’avais terminé une toile, je la rangeais dans un placard avec les autres. Thomas est venu chez moi un jour, et quand il a vu mon placard il m’a dit « Putain c’est quoi tout ça ? Il faut que tu les accroche quelque part ou que tu les donnes… ». J’ai dit « ok… je vais le faire ». Il m’a donné l’adresse d’Aaron Rose (agent des principaux artistes-skaters notoires-ndlr) pour que je lui envoie des trucs. Je l’ai fait et voilà comment tout à commencé. Thomas peignait, faisait de bonnes photos, skatait, surfait, voyageait, il était toujours en train de faire des trucs cools et je voulais en faire autant. Et je l’ai fait. Beaucoup de gens ont ce problème de ne pas savoir comment s’y prendre. Tu veux être photographe ? Tu as un appareil ? Alors tu es un photographe. Je pense que ça ne ce serait pas passé pareil si j’avais voulu être célèbre. Je l’ai fait parce que je voulais le faire et ça a provoqué une réaction en chaîne. Des gens voient ton travail, te proposent une expo, et un type plus important encore la voit… Il faut le faire, c’est mon dernier mot : fais-le !

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