The New Amsterdams

The New Amsterdams

Impossible de parler de The New Amsterdams sans mentionner son leader, Matt Pryor. Comme on dit, il n’est pas n’importe qui : il est à la scène indie-emo ce que la tomate est à la pizza, l’élément discret mais incontournable. Trois ans après la fin de The Get Up Kids, ce song writer prolifique revient avec une nouvelle formation bien plus traditionnelle. Il vous raconte ce qu’il s’est passé entre-temps, le pourquoi du comment et surtout vous livre la recette secrète de la musique emo…

Bonjour !

Matt : Oui, bonjour [réponse en français − ndlr]. Je peux dire « bonjour », « merci » et quelques autres choses en français, le tout uniquement grâce aux tournées. D’ailleurs, je sais dire ces deux mots dans pas mal de langues différentes…

Alors, quoi de neuf ?!

Hou la ! Par où commencer ? C’est le tout premier concert à Paris de l’histoire de The New Amsterdams. Tout se passe super bien, nous sommes très bien accueillis et nous avons beaucoup de retours positifs, les gens semblent donc aimer notre musique. On peut donc dire que tout se passe bien. D’ailleurs, pour être encore plus précis, c’est la première tournée européenne du groupe. Nous venons de sortir notre sixième album, et il nous a fallu tout ce temps pour traverser l’océan. (Rires.)

Comment cela se fait-il ?

Au début, ce groupe était un side project de mon précédent groupe : The Get Up Kids. Ce n’était donc pas une priorité et je préférais garder le peu de temps libre que The Get Up Kids me laissait pour me retrouver en famille et me reposer.

Qu’est-ce qui t’a motivé pour que The New Amsterdams devienne un groupe à part entière ?

Nous sommes devenus un vrai groupe à l’automne dernier, donc après que The Get Up Kids a splitté. Mais pour rendre l’histoire un peu plus compliquée, j’ai d’abord attendu de finir l’enregistrement de mon album solo, qui sortira pendant l’été, avant de lancer quoi que ce soit de nouveau et d’officiel. Donc en gros, j’ai tout un tas de trucs différents en activité.

Quand as-tu vraiment commencé ce projet et pourquoi ?

The New Amsterdams a débuté en 2000. Nous avons réussi à enregistrer notre premier album entre deux tournées de The Get Up Kids, d’ailleurs avec le bassiste et l’ingé son de The Get Up Kids [Rob Pope et Alex Brahl – ndlr]. La musique était alors plus épurée, il n’y avait pas autant d’instruments et d’orchestration. Les albums se sont ensuite enchaînés naturellement, mais toujours sous la forme d’un side project. Nous en avons malgré tout sorti quatre comme ça. À cette époque, je ressentais vraiment le besoin d’explorer une autre forme d’expression musicale orientée vers un projet plus « chanson » que groupe − même si au bout du compte nous nous retrouvons plus comme un vrai groupe aujourd’hui. En plus, le processus d’écriture de The Get Up Kids était très lent, et étant quelqu’un qui écrit beaucoup, je me retrouvais sans cesse avec tout un tas de morceaux que je me devais d’utiliser. The New Amsterdams a donc d’abord été le canal qui m’a permis d’exploiter à la fois l’expérimentation d’une musique nouvelle et tout ce qui peut sortir de ma tête. (Rires.)

En matière de public, est-ce que tu as l’impression d’évoluer dans une scène différente avec ce nouveau projet ?

Ce n’est que notre première fois ici et le groupe en tant que groupe à part entière est encore trop récent, alors je ne peux pas vraiment me prononcer sur ce point-là. Nous avons nos propres fans, c’est sûr. Je sais aussi qu’il y a quelques personnes qui aiment mon groupe précédent et qui viennent voir ce que je peux bien faire maintenant. J’espère qu’ils aiment. (Rires.) Non, mais nous avons déjà six albums derrière nous, tous vraiment différents de la musique de The Get Up Kids. Je pense qu’ils ont aidé à nous faire connaître de tout un tas de gens qui ne connaissaient pas The Get Up Kids. Notre musique est quand même vraiment différente.

Certaines personnes te considèrent comme un des pères spirituels de la musique emo, qu’en penses-tu ?

Hum… Tout d’abord, je ne serai jamais capable de me considérer comme une personne importante, mais je dois bien avouer qu’on m’a déjà fait cette remarque un bon paquet de fois. Pour être honnête, je trouve cette idée complètement hors propos, tout simplement parce que je ne gagne aucun argent par rapport à ça. (Rires.) La seule chose que j’en retire est cette question que l’on me pose constamment en interview ! (Rires.)

Merde, désolé…

Non, non, ce n’est pas grave, c’est juste rigolo. C’est une question logique et je peux la comprendre. Cela ne m’affecte pas et me fait plutôt plaisir je dois avouer, c’est assez flatteur. Il y a pas mal de groupes qui nous citent aujourd’hui dans leurs influences, je n’ai même d’ailleurs jamais rencontré aucun d’entre eux. Par exemple, on me parle souvent de ce groupe, Fall Out Boy, qui a l’air de beaucoup parler de The Get Up Kids… D’accord, j’arrête pas de les voir à la télé…

Et quel effet ça fait ?

Pas grand-chose… Ils ont beaucoup de succès et cela aurait pu aider The Get Up Kids, mais nous n’existons plus… (Rires.)

La scène emo a beaucoup été critiquée par la scène punk-rock. Penses-tu que ces deux scènes n’ont vraiment rien à voir ?

Je ne pense pas que l’emo ait jamais existé en tant qu’entité à part entière. Pour notre cas, nous étions juste des punk-rock kids qui écoutaient de la musique pop. C’était donc quelque part interprété bizarrement que nous jouions une musique orientée pop plutôt que punk, sans orientation politique un peu agressive. Nous faisions juste en sorte de le rendre accessible aux punk kids et aux hardcore kids via le réseau que nous connaissions. Si nous avions sorti le premier album de The Get Up Kids sur une major, nous n’aurions probablement jamais eu cette conversation. Nous serions partis dans une tout autre direction et dans ce cas nous aurions été étiquetés « groupe pop ». Nous n’aurions jamais été un groupe punk-pop et donc emo.

Pourtant, l’emo en tant que musique calme dans la scène punk a débuté bien avant vous. On peut parler de Christie Front Drive, Boys Life et d’autres…

Oui, et tous ces groupes ont eu une grande influence sur nous. Mais les gens qui ont grandi avec notre musique n’ont pour la majorité aucune idée de tous ces groupes, Christie Front Drive, Boys Life, Knapsack, Jawbreaker… Ils ne savent pas que Jimmy Eat World a fait des albums tout simplement grandioses à ses débuts. Leur album Clarity est fantastique, il a quelque part montré le chemin à beaucoup de groupes.

Que penses-tu de l’évolution de l’emo dont nous parlons vers ce phénomène de mode mainstream que l’on connaît aujourd’hui ?

Le terme « emo » a toujours été un terme bien aimé et facile à véhiculer par les médias. Donc, dans ce sens, ils ont clairement contribué à ce qu’est l’emo aujourd’hui. Pour moi, l’histoire est simple : en cours de route, le terme a été galvaudé pour devenir un phénomène dans lequel un certain nombre de personnes ne se reconnaissent plus. Mais bon, tous ces gens ont 30 ans maintenant, et je pense que ça doit beaucoup les faire rire. (Rires.) Tu sais, lors de nos premières tournées, quand des personnes nous étiquetaient « emo », nous étions vraiment surpris : « Mais bordel, je ne sais pas, dis-moi, c’est quoi ce truc, c’est quoi l’emo ! » (Rires.) Je pense qu’il n’y a jamais eu un seul membre d’un groupe qui se soit assis en se disant : « OK, écrivons une chanson emo… » Ce serait vraiment stupide ! (Rires.)

Alors, la fameuse question : « Qu’est-ce qu’est l’emo selon toi ? »

Alors… Ce n’est pas les deux albums que nous avons faits après Something to Write Home About [deuxième album de The Get Up Kids, sorti en 1999 − ndlr], nous voulions nous en éloigner car nous pensions qu’il était trop formaté. D’un point de vue musical donc, la recette de l’emo (rires), c’est d’utiliser des accords actifs pour une chose puis ensuite de placer un break avec un ralentissement de tempo au beau milieu de la chanson. Depuis cet album, nous n’avons jamais écrit une chanson qui suive cette recette… à part sur The Terrible Twos, qui est un album écrit pour les enfants, avec des paroles sur des dinosaures et des abeilles… Mais c’est encore une tout autre histoire. [The Terrible Twos est un autre side project de Matt Pryor et de The New Amsterdams – ndlr]

Tu disais plus tôt que tu écrivais beaucoup, tes paroles tournent souvent autour du thème de l’amour…

Euh… oui, tu as certainement raison. (Rires.) L’amour est un sujet qui m’inspire beaucoup, mais je suis aussi capable d’écrire à propos d’autres choses : beaucoup des paroles de The New Amsterdams se rapportent à la mort et à la boisson. En gros, la mort, l’alcool et le divorce. J’aime vraiment l’idée d’avoir des chansons à la mélodie joyeuse mais avec des paroles dépressives. Je suis tombé là-dedans pendant les derniers temps de The Get Up Kids et je suis encore dans ce processus maintenant avec The New Amsterdams. Ensuite, il arrive qu’on me demande pourquoi je n’écris pas sur des sujets plus politiques, mais pour moi, ce que je fais et ce que j’ai toujours fait est d’offrir une sorte de soulagement par rapport à ces questions-là. Pour moi, l’heure que tu passes à nous regarder sur scène, tu ne dois pas la passer à penser à toutes ces merdes. J’ai mon opinion personnelle. Ensuite, en tant que groupe, nous faisons certaines choses pour des causes auxquelles nous croyons profondément, mais je n’écris pas à propos de ces choses car je veux vraiment offrir une alternative.

Le divertissement ?

Hum… non. Je suis assez méfiant vis-à-vis du divertissement et de tout ce que cela peut impliquer. Je vois ce que je fais plus comme une évasion, c’est totalement différent. Je peux regarder un bon film et me laisser aller pendant une heure et demie et ne pas me prendre la tête sur la situation pourrie du monde dans lequel nous vivons. Quelque part, j’espère que c’est ce que nous faisons.

Est-ce que tu as un objectif particulier avec The New Amsterdams en tant que groupe ?

Nous voulons juste continuer à jouer en tant que groupe, progresser dans la direction que nous avons choisie, jouer de la musique non traditionnelle sur des instruments traditionnels. Nous avons des pédales steel, parfois des banjos, beaucoup de guitares acoustiques, une contrebasse… Bref, embarquer tous ces instruments vers une tournure plus rock. C’est très intéressant.

C’est un concept ?

Non, pas vraiment. Nous aimons vraiment le son que tous ces instruments donnent tous ensemble. Bien sûr, on peut s’imaginer à la vue de nos instruments que nous jouons de la musique traditionnelle, mais dans tout notre répertoire, nous avons seulement deux ou trois chansons qui sonnent « traditionnel ». Et j’aime vraiment cette idée-là. Je ne veux pas faire des reprises de Bob Dylan ou de Hawk Williams. Nous évoluons avec ces instruments et nous nous les réapproprions, ainsi que notre propre culture musicale.

http://www.myspace.com/thenewamsterdams

http://www.vagrant.com

Discographie
Albums
Never You Mind (2000)
Para Toda Vida (2002)
Worse for the Wear (2003)
Killed or Cured (2005)
Story Like a Scar (2006)
At the Foot of My Rival (2007)
EPs
The Companion of My Rival (2007)
Killed or Cured Appendix (2008)
Demos Etc. 2003-2008 (2008)

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2 commentaires

  1. Bub
    Le 10 juin 2009 à 22:03 | Permalien

    Excellent, je ne savais pas qu’il avait été interviewé ce jour là!
    par contre le concert date de mai 2008, pourquoi ne le publié que en avril?

    ha et d’ailleurs il n’y a plus aucune news nulle part des new ams ou de Matt Pryor depuis super longtemps quelqu’un est au courant de ce qu’ils font en ce moment?

  2. Le 11 juin 2009 à 00:20 | Permalien

    L’interview a d’abord été publiée dans le magazine Sugar pendant l’été 2008. Nous avons posté certains interviews à la création du site Maelström pour leur offrir une deuxième vie. Et puis proposer une collection des archives…
    Quant à The News Amsterdams, silence complet de leur part.

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