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© 2010 Maelström Magazine























Antiz/Vans Oregon Tour Edit
Ceux et celles d’entres vous qui ont en leur possession le numéro 2 de Maelström Magazine ont pu apprécier l’article de Loïc Benoit sur un trip commun Antiz Skateboards et la marque de chaussure Vans en Oregon. Pour être complet voici le montage vidéo de ce même trip concocté, lui, par Monsieur Paul Labadie, aka Polo, le filmeur chevronné derrière le blog vidéo Hobo Erectus.
Pour éviter toute jalousie et ne favoriser personne, nous en profitons aussi pour mettre en ligne l’intégralité de l’article… une exception.
Cet article retrace un petit voyage de dix amis dans les états américains d’Oregon et de Washington, qui se trouvent entre la Californie et le Canada. Ces deux états regroupent quasiment autant de skate-parks en béton que toute l’Europe. Notre quotidien a été ponctué de camping sauvage, de sandwiches végétariens, du café sans sucre, du skate-board, de découverte de métropole comme Portland et Seattle, mais aussi de grands espaces (quasiment) vierges de toute pollution humaine comme Orcas Island… Bienvenue en Amérique !
Burnside, Portland Oregon. (part. 01)
Dix-huit années de souffrance comme ils disent aux pays des libertés. Burnside est LE skate-park DIY* par excellence. Ça a commencé avec une petite courbe sous le Burnside bridge de la ville de Portland, ce lieu est depuis longtemps mythique et donc connu par les skaters du monde entier. Tous rêvent un jour de rouler sous le pont, mais attention le rêve peut s’avérer être un sacré cauchemar. Le spot est « fait main », irrégulier et radical au sens large du terme, les pièges et trous en tout genre y sont nombreux, et les trajectoires ne s’offrent pas facilement à vous. Le simple fait de ne pas perdre de la vitesse relève de l’exploit. Il faut savoir que vous n’êtes pas le bienvenu à Burnside, vous devrez faire vos preuves et ça commence avec un gros pack de bières, c’est le prix à payer pour dropper. Les locaux n’ont rien des patriotes américains de base, mais certains de leurs principes pourraient convenir au gouvernement Sarkozy, comme leur motivation à détester les étrangers et à les reconduire à la frontière du skate-park.
Nous avions tous rendez-vous à Portland, Paul (Labadie, le vidéaste), Alex (-andre Deron, le team-manager Vans.) et Samuel (Partaix) sont arrivés un jour en avance dans le but de skater le monstre. Connaissant les règles depuis un précédent séjour, la triplette de frenchies est donc arrivée les bras chargés de bières fraiches. La dîme posée sur la plateforme, chacun droppe et curve ce lieu magique. Après l’effort, le réconfort… C’était sans compter sur la faculté des locaux à finir les packs avant même que vos roues n’atteignent le plat…
Burnside, Portland Oregon. (part. 02)
A chacune de nos visites les locaux étaient assis, ils ne skataient pas ; et le simple fait d’entrevoir motivation et excitation sur nos visages, les énervaient. C’est dans ces moments-là qu’ils se font un malin plaisir à se lever, à dropper et à vous faire la démonstration, sans vous laisser une seule possibilité de prendre part au manège… En guise de cerise sur le gâteau, nous avons assisté à une scène assez dingue. Le gardien du spot, Little John a.k.a L.J s’est permis de virer des slackers* (voir la définition plus loin), venus sans planche à roulettes, prendre l’apéro avec leurs petites copines. Vous auriez dû voir comment le petit John leur a gueulé dessus. Ils n’ont pas eu d’autres solutions que de partir, avant que les chiens ne soient lâchés. Non, je déconne, il n’y avait pas de chiens ce jour-là…
Le Président est Noir, et alors ?
Fait important cette année, les Etats-Unis ont changé de président. Un peu comme chez nous. Nous, nous sommes passés d’un escroc à un PDG de multinationale ; les Ricains, eux, ont hérité d’un nouveau roi du monde, noir de peau… Et alors ? C’est exactement ce que je me suis dit en me rendant sur place : « et alors ? » De mon point de vue (qui n’engage que moi) de touriste européen, rien n’a changé, sauf peut être les tee-shirts dans les boutiques de souvenirs, le « Yes we can » vous matraque le cerveau, et l’espoir fait vivre en attendant la prochaine guerre… Que voulez-vous, noir ou blanc on ne change pas la face du monde du jour au lendemain, et il ne faut pas oublier que la première mesure prise par ce nouveau messie a été de renforcer les lois contre l’avortement ! Chacun voit midi à sa porte, j’attendais un peu mieux comme symbole de démocratie…
Finalement, depuis ma dernière visite, pas grand chose n’a changé : les gens et les voitures sont toujours aussi gros, le pétrole est abordable, les gobelets de boisson contiennent au minimum un litre, les sodas remplacent l’eau du robinet, la conscience végétarienne est bien plus développée que chez nous, la prise de position de l’église dans « la vie de tous les jours » se développe toujours autant, les concerts de rock sont peu chers et riches en émotions, les 4X4 pullulent, la misère tend de plus en plus la main, les distributeurs de billets sont accessibles en voiture, plus personne ne marchent, les personnes âgées ramassent les chariots sur les parkings des supermarchés, Dieu béni ce peuple et tout le monde à l’air d’y croire….
Pour revenir à ce nouveau président, eh bien c’est un peu comme leur Dieu, il a beau promettre des jours meilleurs, rien ne vient. Personnellement je n’y crois pas et on ne se sort pas d’autant d’années de capitalisme sauvage, pendant lesquelles le pognon a dicté sa loi au détriment du respect des êtres humains, de la nature, soudainement, juste parce que l’autre guignol est noir de peau. Trouvez-moi un président agriculteur (sans pesticide), végétarien, syndiqué, pédé, sans vélo à pignon fixe, conduisant un véhicule électrique, haïssant les banquiers… après je vous laisse choisir sa couleur de peau, et là, seulement à ce moment-là, je commencerai à avoir confiance en notre futur, et peut être même que je porterai un tee-shirt «oui nous pouvons ! »
Pourquoi Joseph Biais* a-t-il acheté une télévision à écran plat de type Blu-ray full HD à 10 000 kilomètres de chez lui ?
Pour des raisons d’éthique, d’amitié et de fair-play, l’anecdote revient à un autre magazine. On ne conservera que la conclusion : Beau geste Joseph ! En tout cas, c’est une belle anecdote, comme on les aime : une anecdote à 500 dollars ! – ndlr.
Mark Red SCOTT
Mark est l’homme derrière Dream Land, une société qui construit des skate-parks en béton, depuis dix ans et basée à Lincoln City sur la côte Pacifique. En gros, c’est le genre de structure qu’il manque en France, à la place nous avons des commerciaux en costard cravate qui n’ont jamais mis le pied sur un skate et qui vendent des carré de béton « clés en main » à des mairies laxistes et naïves … L’Amérique à des mauvais côté, mais question création de skate-parks, les mairies savent à qui donner l’argent public.
Mark, sa petite équipe de ‘workers-skaters’, et sa femme, ont créé la plupart des skate-parks incroyables et en béton qui parsèment l’Amérique. Il en a profité pour se faire construire un bowl hors-normes dans sa propriété, non loin du jacuzzi, dans le même hangar qui sert de garage, entre la piste de motocross et le terrain de foot. Ce bowl est profond, souvent vertical, avec une petite partie à cinq mètres de hauteur, un corner d’une profondeur de sept mètres, un autre avec un « vagin en plein milieu » et toute une partie en plans inclinés improbables et très raides. Mark a vu grand et il s’est fait plaisir !
Pour être franc, je suis en train de vous parler de quelqu’un que je n’ai pas rencontré. Nous avons été accueillis comme des rois, alors que Mark était en déplacement. C’est sa femme Daniele qui s’est occupée de nous, comme si nous étions ses grands enfants ; je me sentais mal à l’aise face à sa générosité et toutes ses petites intentions. A peine arrivés, tard le soir, nous avons été conviés à nous détendre dans le jacuzzi extérieur ; au petit matin Daniele nous a concoctés un petit déjeuner à base de jerricans de café Starbucks et une cinquantaine de muffins, ensuite elle a sorti deux bécanes de cross pour que l’on puisse « jouer » sur le terrain ; il ne manquait plus que l’attraction « tire à la carabine dans les boîtes de conserve » et le rêve américain aurait pu être à portée de nos mains ! Mille mercis à la famille Scott !
Les larcins
(n.m. Petit vol sans grande importance, forcément d’une faible valeur, commis sans violence, ni effraction)
Oui, nous avons péchés et nous irons en enfer, mais compte tenu de notre statut d’étudiant des temps modernes qui a tendance à s’éterniser (j’ai 42 ans !), nos budgets sont limités et c’est donc sans remord que nous avons fait quelques courses dans les supermarchés pour « pas un rond ». Les USA, c’est un peu le pays des Bisounours, tout est beau, tout est rose, les voleurs sont de l’autre coté de la frontière, et les vigiles de ces centres de consommation ont bien plus de 60 ans (système social oblige). Et le fait d’être la première puissance mondiale et de chier à la gueule de pas mal de civilisations, ça crée forcément des divergences, donc au lieu de garer un Boeing dans un gratte-ciel, je préfère m’en prendre à leurs supermarchés, sans remord et sans arme… Cela n’engage que moi bien sûr !
LEXIQUE
DIY
Selon Wikipedia, le DIY désigne : des loisirs manuels visant à recréer à moindre coût des objets de la vie courante, le plus souvent techniques, par récupération de chutes et de déchets. Depuis le mot a été galvaudé et est utilisé pour tout et n’importe quoi. (synonyme : bricolage) – ndlr.
Facebook
Facebook est un réseau social qui a connu son année de gloire en 2009, avant de s’effondrer en 2010 comme suite à la guerre mondiale. Loïc, à sa décharge, n’a jamais utilisé ce réseau, il ne l’aime pas, voire il reconnait que ça peut être utile pour communiquer… – ndlr.
Les « slackers »
(n.m fainéant, un branleur, qui se satisfait de peu.)
Le slacker peut se caractériser par une garde de robe de type « tendance » : le pantalon de velours ou encore un chino (coupe droite), surmonté de LA chemise à carreaux, le gobelet Starbucks, le visage avec barbe rebelle, qui arborera fièrement une paire de grosse lunette à monture noire et épaisse, le tout chapoté par une coupe de cheveux grasse et fournie, la mèche dans les yeux. Pourquoi cette description détaillée ? Tout simplement car nous avons erré pendant deux semaines au pays du « geek-branchouille-enculeur-de-mouche », c’est comme à Bastille, il y en a de partout. Je crois que nous pouvons dire que Seattle, après avoir été la capitale du mouvement Grunge est en 2009 celle du mouvement slackers.