Le top cinq albums 2009 du Rédac’Chef.

DJ Mehdi signe cette année un double album de remixes, les officiels et les officieux, des titres mixés par ses soins, une pléthore d’invités et quelques pépites. On retiendra le remix de Pop The Glock, franchement déroutant et ça n’était pas évident de se frotter à un morceau original aussi efficace ; Notorious B.I.G fait une prestation posthume tout à fait remarquable pour la bande-son du court-métrage Mégalopolis concoté par l’équipe Kourtrajmé (à noter la prestation superbe de Tekilatex -no homo- avec des cheveux et un micro en or…) ; on retrouve aussi Nas, Ghostface Killah, Mapei, Miike Snow, Sébastien Tellier, Busta Rhymes, David Rubato, Chromeo, Seb Martel, Etienne de Crecy et même Murs featuring Busy P !
Tout ça peut être écouté en ligne ICI, on a déjà parlé de Mehdi en 2001 ICI, en 2006 ICI, avec Feadz , et concernant ses 5 morceaux favoris encore .

*Post-Scriptum : DJ Mehdi est en interview dans le magazine papier Maelström numéro 04, qui est disponible ICI !!!
*Post-Scriptum02 : (ré) écouter Ni Barreaux, Ni Barrières, Ni Frontières du 113, et spécialement les titres Truc de Fou et Association
*Post-Scriptum03 : Ci-dessous Megalopolis, un film pour lequel Mehdi a fait la musique, on y retrouve des morceaux qui sont dans les compilations 2009.

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Après quasiment dix années à officier au sein d’Octobre Rouge en tant que Grain 2 Caf, Thomas Traoré a repris ses droits et se lance en solo. Il signe un premier album homogène, réaliste et autobiographique, avec des propos qui dérangent, des mots qui choquent et qui s’entrelaçent pour le plaisir des sens. Thomas se met en abyme, revient sur son passé, son présent et sa passion pour la musique, il fera une incartade sexuelle pour détendre l’atmosphère, invitera Hi-Fi pour conspirer et Oxmo pour le passage nostalgique. Octobre Rouge est à l’honneur avec le titre Des histoires comme celle-là, il sample Jacques Brel pour un autodafé neuronal (Au Suivant), revient dans son 19ème natal en compagnie de Gaye Cissoko pour tenter de se racheter en 3 secondes. Il a découvert Liffting sur Internet et le met en avant dans Rêve Enterré, et forme un Syndicat très particulier avec son partenaire de rimes de toujours, Logan. Le climax sera sans conteste Negronomie, sur un beat électrisé et puissant de Tido de TTC, Thomas assène un discours noir et violent, une énumération sociologique des us et coutumes de notre société, un blâme qui dénonce clivages et errances. Une réussite.

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Le type débarque avec une bande de gugusses qui gesticulent et qui sautent dans tous les sens, en 1993. On le remarque car sa voix est claire et ses lyrics distincts, il est épaulé par un Ghostface Killah tout juste sorti de son project, Raekwon devient The Chief. Il sera le troisième héraut du clan à sortir un album solo. Only Built 4 Cuban Linx, devient un classique, sur fond de mafia, avec un Tony Montana omni-présent et un RZA chef d’orchestre très inspiré. Quelques clips, quelques hits et Raekwon sombre, il devient accro à la console de jeu et sort des albums anecdotiques. Mais il clame haut et fort, du haut de sa petite taille, qu’il va revenir (‘je reviendrai !’). Il prend 10 kilos, il s’achète un appartement et fait des jus de fruits à la codéine. Les années 2000 pointent leur nez, Rae s’inscrit sur Myspace, ouvre un compte chez Meetic, il se fait un profil Facebook et sort quelques mixtapes aussitôt dites aussitôt linkées chez un hébergeur tel que Rapidshare. Puis c’est l’avènement Twitter. Raekwon toujours au top de la haute technologie – il s’achète coup sur coup une WII, une PS3 et un écran full-HD de 102 cm – et il commence à gazouiller (du verbe twitter). D’ailleurs, il est un peu chiant au début avec ses incantations OB4CL 2 !!! Mouais… La date est sans cesse repoussée, on n’y croit plus et finalement c’est 14 ans après son solo classique que le type ‘drop’ son second CD. Il reprend la même couverture, ajoute un peu de violet pour être dans l’air du temps – on peut présupposer que la couverture a été faite en 2005, que le graphiste est né avant 1980, ou tout simplement que le sieur a mauvais goût -, et laisse traîner ça et là quelques titres… et la sauce prend, étonnamment. Plusieurs producteurs, des invités à gogo, des titres qui finalement s’enchaînent et vont bien ensemble, le type revient en haut de l’affiche.

Rien que pour la persévérance et parce qu’il retrouve une place 14 années plus tard dans le rap-jeu, Raekwon mérite toute notre attention. Listen to MP3OB4CL2 !

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Comme Tortoise ne souhaite pas vendre de disques, ils ont fait exprès de faire une couverture très graphique, très ésotérique, sans leur nom dessus, sans rien. Et pour le coup, ils ont réussi car il me semble que cet album est passé (relativement) inaperçu. Les pontes du rock instrumental de Chicago signent une nouvelle fois un disque tout à fait écoutable, ils ont su se renouveler et ont été inspirés pour ce Beacons of Ancestorship. Les sonorités sont métalliques, les bruits incessants, les mélodies s’enchaînent et restent dans la tête, ça passe tout seul. L’exercice d’arriver à rendre ce genre de musique pertinente est probablement compliqué, mais Tortoise a l’expérience, et c’est ce qui fait la différence. 20 ans à parcourir le monde, à enchaîner les side-project (ceux de Herndorn sont particulièrement intéressants…), pour se retrouver et digérer les influences et courants qu’ils ont pu capter lors de leurs infidélités. Un album intemporel, qui pourrait dater de 10 ou 20 ans, mais il se trouve qu’il est sorti cette année. j’aime l’écouter le soir en m’endormant.

*post-scriptum : étonnamment la voisine n’aime pas le titre Prepare Your Coffin lorsqu’il est fort.

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Pour ce top 2009, il a fallu considérer que l’incontrôlable Internet et surtout le logiciel Soulseek m’ont permis d’avoir ce disque il y a quelques mois déjà. Un type avait une copie dans un folder, j’avais intentionnellement enregistré son titre dans le moteur de recherche, et un beau soir il est apparu. Une musique moderne, digne des vinyles Kpm, des arrangements bien foutus comme tout, des mélodies entrainantes et entêtantes, pour des paroles bien trouvées, qui font mouches, qui sentent le conflit de génération. Arnaud aime raconter sa famille, son éducation, la musique ou Myspace, il aime aller au cinéma et surtout voir des films qui ne lui rappelle pas son souvenir (comme je le comprends !) Son souvenir c’est elle, elle est omniprésente, elle est parfois muse parfois salope, elle l’a laissé tomber, leur amour s’est dissout dans un(e) vague à l’âme commun(e), ça n’était pas le bon moment. Dommage. C’est un album intemporel, un album de 2009, un album qui ne ressemble pas à celui de Benjamin Biolay, car il est court et beaucoup moins déprimant – Arnaud n’a pas d’enfant – Benjamin s’écoute trop parler et parfois ça doit l’inspirer. Arnaud aime déambuler et laisse libre court à son inspiration, Benjamin a trop regardé la Star Ac’, et pense que Booba écoutera La Superbe jusqu’au bout (sous ses airs, Benjamin est un peu naïf). On pardonne à Arnaud d’avoir habillé un discours de Villepin, on aime quand il chante France Culture dans son studio. Arnaud préfère utiliser son Polaroïd SX-70 pour faire des photographies instantanées, et il est tout à fait à l’aise avec le world wide web. Arnaud est un garçon de notre temps, il a réussi à sortir son album en 2010, et d’être dans mon top 2009.

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