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Mark & Gustave
© 2012 Maelström Magazine



















Mademoiselle Alizée, la conversation… [archive]
* Tu as pensé que tu pourrais être has been à 25 ans ?
J’avais juste envie de continuer de faire de la musique et de proposer des choses, et c’est aussi pour ça que j’ai quitté mes premiers producteurs pour ne pas faire toujours la même chose, et finalement devenir has been, faire des galas et chanter Moi… Lolita pour des anniversaires. Ça aurait pu m’arriver, mais c’est aussi dans mon caractère d’aller de l’avant, et j’ai été bien entourée. Plein de gens ont fait des hits et arrêtent, on ne les voit plus à cause de l’entourage, à mon avis…
* C’est difficile de dépasser un titre comme Moi… Lolita ? Tu le chantes encore ?
Oui je le chante toujours, les Château Marmont le ré-arrangent pour la tournée. Je vais chanter pas mal de mes anciens titres, les singles, ça fait partie de ma vie. Si après Moi… Lolita on ne m’avait plus vue, ça aurait été dur de revenir sept ans après. Mais mon deuxième single, L’Alizé, c’est vendu à 700 000 exemplaires, et il y a eu J’en ai marre, ce n’est pas comme si on ne me connaissait que via Moi… Lolita. J’ai quand même fait quatre albums, donc ça n’a pas été si difficile de dépasser ce titre.
* Tu as renié un certain passé ?
Non, au contraire, j’ai profité de ce passé pour faire ce que je fais maintenant…
* Tu as essuyé des critiques avec cet album ?
Il n’y a pas encore de critiques concernant cet album, ce qui est improbable, peut être que je ne lis pas tout ! Les gens sont agréablement surpris par la démarche, parce que je suis juste une chanteuse de 25 ans qui se fait plaisir avec un album, et qui a la chance de bosser avec ces personnes-là. Je n’ai pas eu vraiment de critiques négatives, ce qui me fait un petit peu peur, je ne vais pas me plaindre. En même temps, c’est le public qui a le dernier mot, pas les médias selon moi…
* Tu as divisé par le passé ?
Les gens n’étaient pas spécialement contre moi, mais pas tout le temps convaincus, avec cet album je pense qu’ils sont convaincus…
* Il y a un phénomène étonnant dans ta carrière, c’est le fait que tu sois très connue au Mexique, comment ça s’est passé ?
Il y a sept ans, j’ai participé à une émission spéciale Madonna en France, quand elle a sorti son album American Life, et j’ai chanté La Isla Bonita que j’avais choisi, car c’est une de mes chansons préférées de Madonna. Un fan a posté cette vidéo sur Youtube, et les Mexicains sont tombés dessus.
J’ai commencé à recevoir des messages de Mexicains, à la maison en pleine nuit, je ne comprenais pas ce qui se passait. Quand j’ai signé mon troisième album chez Sony, il y a eu une demande de Sony Amérique Latine pour le sortir. Je ne comprenais pas car je n’avais jamais été là-bas. Quand j’y suis allée pour la promo, les gens me connaissaient, tout était fait, c’était surréaliste, et surdimensionné. Là-bas, tout est amplifié, c’est plus proche de l’Amérique que de la France, et donc j’y ai un public fidèle…
J’avais eu des succès à l’étranger avec Moi… Lolita, qui était numéro un dans 22 pays, et avec le deuxième album j’ai eu du succès en Asie, mais pas vraiment comparable avec le Mexique.
* Tu as pensé quitter la France pour faire carrière là bas ?
Non, car quand je parslà-bas, j’y vais entre dix et quinze jours, et j’ai vraiment l’impression d’avoir la vie de Britney Spears. Je n’ai pas de vie, tout simplement, il y a des courses poursuites avec les paparazzis, les gens sont par dizaines devant les hôtels et restaurants, ce n’est pas du tout la vie de rêve. En plus, j’ai une vie de famille que je préserve, qui me permet d’avoir un équilibre, du coup je n’ai pas envie d’aller vivre là-bas.
Aller en promo, sortir des disques, faire la tournée des stades, j’en envie de faire ça, mais j’aime revenir ici, ça me permet d’avoir une vie normale ; même avec Moi… Lolita, qui était un succès énorme, ce n’était pas aussi intense qu’au Mexique.
* Tu es d’ailleurs peu présente dans les magazines people, comment on gère ça ?
En dix ans, j’ai dû faire quatre couvertures, une quand j’ai rencontré mon mari, une pour dire que je m’étais mariée, que j’étais enceinte, et que j’ai accouchée, voilà c’est tout ! En même temps, il n’y a pas grand chose à dire, et je suis assez contente d’être préservée ici, et c’est aussi cet équilibre de famille qui fait que je suis encore là.
* Avec la presse people, c’est un accord tacite ?
En France ? Je crois que quand on ne donne pas à manger, les gens ne vont pas chercher. Je ne vais pas dans les soirées du showbiz, ça n’est pas trop mon truc, quand je vais chercher ma fille à l’école, je ne fais pas de scandales, de frasques, donc on ne vient pas m’embêter. Je suis une personne publique, donc on informe les gens quand je me marie ou quand je suis enceinte, ça ne me dérange pas, mais je n’ai pas envie que l’on fouille dans ma vie, et il n’y a pas grand-chose à découvrir…
* Pour passer à autre chose, tu connais Uffie ?
Je connais, de là à dire que j’écoute, non. On m’avait proposé de faire une couverture avec elle, mais en même temps je ne crois pas qu’elle ait fait un album ? C’est la fille d’Edbanger, on m’en a parlé quand j’ai commencé à travailler avec Institubes, mais ça n’est pas pareil, parce que j’ai eu un parcours différent…
* Oui, elle a travaillé avec Mirwais…
J’ai aimé ce qu’il a fait avec Madonna, et c’est vrai que la première fois que j’ai entendu Music je me suis dit jamais ça ne va marcher ! Je pense que tout le monde c’est dit ça…
J’ai bossé avec Daniel Darc, l’autre moitié de Taxi Girl, on a des choix différent…
* Tu penses à écrire tes propres textes ?
Oui, pourquoi pas, mais je crois que je préfère m’entourer de gens qui savent le faire. Pour moi c’est un talent, c’est comme chanter ou jouer la comédie, et ça n’est pas parce que l’on est chanteur que l’on sait écrire. Je n’ai peut-être pas la maturité que de faire aussi bien que les gens qui m’ont accompagnée, ça n’est pas d’actualité.
* C’est pareil pour la musique ?
Je n’ai jamais fait de musique, j’ai des envies, des sons précis que j’aime, et pour la réaliser, je donne des références. J’écoute pas mal de choses, des trucs différents, et si il y a des sons de batterie que j’aime bien, je prends des notes, c’est comme ça que je m’exprime avec les producteurs et les compositeurs… je m’exprime un peu comme les enfants ! (Sourire.)
* L’avenir, c’est être une égérie electro, ou plus classique ?
Non, pour moi l’avenir c’est être une égérie Pop, qui surprend à chaque album…
* Quelle serait ta référence ?
Ah, c’est difficile… J’aime beaucoup Blondie, et ce qu’elle a fait avec Moroder. C’est compliqué de prendre des gens, et de dire j’aimerais être comme eux… Au niveau de la carrière, je dirais Vanessa Paradis, ça correspond à ce que j’aimerais être à son âge, avoir un parcours musical diversifié avec des albums écrits par Gainsbourg, Lenny Kravitz, et elle est restée dans son chemin…
* Tu te dis parfois que Gainsbourg aurait pu t’écrire un album ?
Ah la la ! Je me le dis tout le temps, punaise, j’aurai rêvé d’être née quelques années avant pour pouvoir connaître monsieur Serge Gainsbourg, d’ailleurs quand on me demande avec qui tu aurais aimé travailler, je réponds toujours : Serge Gainsbourg.