Vîrus, textuellement transmissible…

*L’alcool, tu vois la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine ?

V : Bah oui, forcément, c’est la moitié de ma vie… Moi la bouteille je ne la vois plus du tout, c’est niet. Elle est vide totalement, maintenant il faut tenir…

*La solitude…

V : C’est de naissance, et ça s’est confirmé ensuite avec les années, c’est un sentiment et/ou un état. Il y a être seul et le fait de se sentir seul, qui sont deux choses différentes. Moi, je ne me sens pas forcément seul, mais je sais que je le suis, pourtant il y a des gens avec qui je fais de la musique et d’autres sur qui je peux compter. Mais parfois je pense que je préférerais dormir dans ma caisse plutôt que de demander à quelqu’un de m’aider…

*Le fait de n’être jamais à sa place, ça revient aussi souvent dans tes textes…

V : C’est aussi un sentiment. Il y a l’environnement dans lequel tu nais, la famille, puis l’école qui est le premier moment social, je n’étais pas à ma place à la kermesse dès la maternelle ! Je me suis senti à ma place dehors, parce que dehors tu es paumé, tu es avec tes potes. Je suis resté longtemps dans ce délire : pas d’avenir, pas de projet. On est dehors, on kiffe, on fout le bordel, on se vanne, et ça a duré longtemps, assez longtemps pour en venir à se raisonner. On était 50 au début et un jour on était cinq !

*La mort…

V : Oui, la mort… Tu peux voir ça comme quelque chose de positif, quand tu claques tu peux te dire : « Tout ça, je n’ai plus à le faire… » Il y a d’autres morts, il y a la prison, où tu peux te dire : « Je n’ai pas besoin de me lever ce matin… », dans le pire il y a du positif. Le truc qui me fait chier avec ça, c’est l’entourage, même pour une garde à vue, il prend une claque…

*Finalement, tu n’es pas si misanthrope que ça, tu penses à l’entourage !

V : C’est une question de respect, car tu sais très bien que tout ce que tu fais sera retenu contre toi, et pourtant j’ai une croyance zéro… Mais jusque-là, tout me l’a prouvé : quand tu coupes un ongle, on te coupe un pied…

Quand j’entends parler de décès, proche ou lointain, j’ai ce réflexe de penser « ces gens ont des proches ». C’est un acte qui bouleverse énormément de vies, il y a un avant et un après. Les trucs de mort, ça reste des sujets tabous, alors que peut être que ça dédramatiserait un peu si on en parlait. La mort, elle met tout le monde d’accord, c’est le seul point commun que l’on a tous, elle bouleverse l’échelle de l’amour et de la haine, et à un moment tu te dis : « C’est sérieux la vie là… »

*Pour changer de sujet, tu as cité le groupe Hocus Pocus dans un morceau, c’était à dessein ?

V : Ils ne m’ont rien fait directement, ils symbolisent… quelque chose de crémeux, qui parfois pourrait être aux antipodes de ma vision du rap. C’est gentil… très gentil, il y a un coté pro, mais moi, ça ne me parle pas du tout. C’est une partie du rap dont on pourrait se dispenser. Ces groupes-là, ils rendent service aux autres, à ceux que l’on combat. Ils sont aussi le quota de rappeurs gentils, qui vont permettre à beaucoup de programmateurs de passer du « rap » pour se donner bonne conscience.

Ça me fait chier quand des groupes comme ça servent d’alibi. Le rap souffre beaucoup et je pense qu’un groupe comme Hocus Pocus n’arrange rien. J’ai entendu un morceau où le mec parle d’un poil resté dans la baignoire, et de sa meuf qui râle. Il y a des problèmes sérieux dans le monde, et le mec nous parle de son poil… Sérieux ?…

*Faire du rap, c’est le droit à la différence ?

V : C’est kiffant d’avoir un délire et de dire à tout le monde que tu les emmerdes, ou les encules, tu choisis le verbe ! C’est pas évident de dire : « va te faire enculer » à des gens dans la vie de tous les jours. Tu peux être vite dans la merde, même si ça devrait pouvoir être dit.
Le rap, c’est une musique qui est à part, qui essaie parfois de se mélanger au reste, et ça peut donner des trucs un peu alambiqués. Pour moi, c’est une musique différente, et nous, on fait peut être un truc différent dans cette musique, on double notre handicap ! Dans le fond, je pense qu’on fait du rap pour déplaire, en tout cas, en ce qui nous concerne…

 

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Le choix dans la date, c’est la réunion des trois EP, plus deux interludes de Banane, un CD bonus avec les quatre clips réalisés par Monsieur Tcho et un booklet de 16 pages.
Disponible uniquement en VPC via le site Rayon du fond [ICI].

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Le Bandcamp de Vîrus, c’est ICI.
La page Facebook de Vîrus, c’est ICI.
Le site Internet de Tcho, c’est .
On avait parlé de Vîrus, via le projet The Nonce avec Bachir [ICI].
Une conversation avec Tcho a été postée ICI.
Les photographies de Virus & Banane ont été revisitées par Tcho.

 

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